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Relations presse vs influence : la grille de choix par objectif

Un euro d'influence achète de la portée en quelques jours, un euro de relations presse achète une source tierce qui reste indexée et citable dans la durée. Une grille en 6 objectifs métier pour arbitrer.

Martin
MartinCo-fondateur de 425PPM
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Relations presse vs influence : la grille de choix par objectif
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Relations presse vs influence : un euro d’influence achète de la portée en quelques jours, un euro de relations presse achète une source tierce que Google et les moteurs génératifs peuvent retrouver longtemps après la parution. Les deux leviers ne vendent pas la même chose, et pourtant les budgets se décident souvent sur un coup de tête, parce qu’un concurrent vient de lancer une campagne avec un créateur connu.

Cet article s’adresse aux DirCom qui doivent arbitrer entre les deux. On vous propose une grille par objectif métier (dont la citation par ChatGPT et Perplexity et la mesure), une séquence pour les combiner et trois questions à se poser avant de signer. On travaille les relations presse au quotidien chez 425PPM, donc on a un biais, et on le dit : il est compensé en reconnaissant sans détour les cas où l’influence gagne.

Relations presse ou influence : la réponse en 50 mots

Les relations presse construisent la crédibilité et des citations durables, y compris dans les réponses des IA, mais demandent des semaines. L’influence achète de la portée rapide et de la démonstration produit, avec plus de contrôle sur le message et un actif qui s’efface vite. Choisissez selon votre objectif. Combiner les deux fonctionne dans un ordre précis.

Ce que chaque levier fait vraiment (et ce qu’il ne fait pas)

Première précaution : les définitions. Les relations presse consistent à obtenir une couverture éditoriale non payée : un journaliste décide de parler de vous parce que votre sujet a un intérêt pour son lectorat. On ne les confond ni avec les relations publiques (un champ bien plus large) ni avec le sponsoring ou le publi-reportage, qui sont de la publicité achetée.

L’influence produit du contenu signé par un créateur, le plus souvent rémunéré ou payé en produits. En France, la loi du 9 juin 2023 sur l’influence commerciale impose de signaler clairement la collaboration (mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale »). C’est un cadre sain, mais il rappelle une chose : le public sait qu’il regarde un contenu négocié.

Trois différences structurent tout le reste :

  • Qui contrôle le message. Dans l’influence, vous rédigez un brief et validez le contenu. En presse, le journaliste écrit son angle, et vous ne relisez pas son article.
  • La responsabilité éditoriale. Dans la presse, elle revient à la rédaction. Dans l’influence, elle revient au créateur, sous contrat avec vous.
  • L’audience. Un média a un lectorat construit sur sa ligne éditoriale. Un créateur a une communauté construite sur sa personnalité.

Une limite à garder en tête : aucun des deux leviers ne remplace l’autre. Demander à la presse de faire de la démonstration produit en vidéo, ou à un influenceur de produire une enquête crédible, mène à la déception.

La grille de décision en 6 objectifs

Voici la grille qu’on utilise pour cadrer les premiers échanges avec un DirCom. Les coûts sont des ordres de grandeur de marché, à valider sur devis : l’écart selon le profil de marque est considérable.

Critère

Relations presse

Influence

Crédibilité perçue

Élevée : validation par un tiers éditorial

Variable : repose sur la confiance de la communauté, partenariat signalé

Portée à 30 jours

Incertaine : de quelques milliers de lecteurs à plusieurs millions selon le média

Prévisible : audience et taux d’engagement du créateur connus à l’avance

Délai de mise en place

4 à 12 semaines pour les premières retombées

2 à 4 semaines (casting, brief, validation, publication)

Contrôle du message

Faible : le journaliste choisit son angle

Élevé : brief et validation, mais lisible comme publicité

Coût typique

Honoraires d’accompagnement ou temps interne, aucun paiement à la parution

Cachet par contenu : quelques centaines d’euros (micro-créateur) à plusieurs dizaines de milliers (grande audience)

Durabilité de l’actif

Article indexé, qui reste consultable des années

Story de 24 heures, post de quelques jours, vidéo YouTube plus longue

Citations dans les IA

Forte : les médias éditoriaux font partie des sources tierces que ChatGPT et Perplexity retiennent

Faible : contenu sponsorisé peu indexé, sauf vidéo YouTube bien référencée

Mesure

Earned pur : referral GA4 natif, brand lift, trafic direct, pas d’UTM

UTM et codes promo sous contrôle à 100 %

Ce tableau montre déjà qu’aucun levier ne gagne partout. Pour décider, il faut lire la grille objectif par objectif :

  • Lancement de marque. L’influence ouvre la porte (portée rapide), la presse installe la légitimité. Si votre budget ne finance qu’un seul des deux, la presse tient mieux dans la durée, l’influence dépanne mieux sur un lancement saisonnier.
  • Réputation d’un dirigeant. Relations presse, sans discussion : une interview dans un média reconnu pèse plus qu’un contenu sponsorisé, surtout pour des interlocuteurs qui vérifient avant de faire confiance.
  • Génération de leads B2B. La presse spécialisée touche les décideurs au moment où ils s’informent. L’influence grand public y a peu de place (on y revient plus bas).
  • Recrutement. Les deux fonctionnent. Un portrait dans la presse régionale ou sectorielle rassure les candidats, un créateur métier peut montrer le quotidien d’une équipe.
  • Gestion de crise. Presse uniquement. Payer un créateur pour calmer une polémique aggrave généralement la situation.

Citation dans les IA : le critère qui sépare vraiment les deux leviers

C’est le point où notre position est la plus tranchée, et où elle repose sur un mécanisme simple. Quand ChatGPT ou Perplexity construisent une réponse sur « quelle solution choisir » ou « qui est fiable dans ce secteur », ils cherchent des sources tierces jugées crédibles. Les médias éditoriaux en font partie. Une story sponsorisée disparaît au bout de 24 heures et n’est pas indexée comme une page de contenu.

À titre de repère, l’étude « What is AI reading? » de Muck Rack (2025) a analysé plus d’un million de liens cités par des assistants IA : plus de 95 % venaient de contenus non payés, et environ un quart de sources journalistiques. Cette étude ne promet aucune citation pour votre prochain article, et elle montre pourtant le type de source que ces systèmes retiennent.

Soyons honnêtes sur les limites. Aucune agence ne peut garantir une citation dans une réponse générée, les modèles changent et les sources varient d’une requête à l’autre. L’effet est cumulatif : c’est la répétition de mentions dans des médias différents, sur plusieurs mois, qui installe une marque dans les réponses. Et l’influence n’est pas totalement absente de ces réponses : une vidéo YouTube de créateur, bien référencée, peut être citée. Mais un contenu sponsorisé n’a pas la même autorité de domaine qu’un titre de presse reconnu, ni la même chance d’être repris par d’autres sites.

Si ce sujet vous intéresse, on l’a détaillé dans notre article sur le digital PR et les citations dans les IA.

B2B ou B2C : où l’influence a sa place, où elle n’en a pas

En B2C, l’influence est souvent le bon choix pour la démonstration produit et la preuve sociale rapide. Une marque de cosmétique, de snacking ou d’équipement sportif a besoin que le public voie le produit en action, et un créateur le fait mieux qu’un article. Pour un lancement saisonnier, la rapidité de mise en place compte plus que la durabilité de l’actif.

En B2B, la situation s’inverse. Les décideurs vérifient dans la presse spécialisée, sur LinkedIn et auprès de leurs pairs. L’influence B2B qui fonctionne passe par des voix d’experts et des dirigeants, pas par des créateurs généralistes. Un patron de scale-up qui commente un sujet sur LinkedIn après une parution dans un média sectoriel a plus d’effet que dix posts sponsorisés.

Un cas anonymisé, reconstitué à partir de plusieurs missions, pour illustrer le schéma. Une marque B2B de logiciel pour le bâtiment dépensait l’essentiel de son budget de visibilité en contenus sponsorisés sur les réseaux, avec des vues correctes mais aucun lead qualifié qui citait ces contenus. Elle a réalloué une partie du budget vers un programme de presse spécialisée (titres du BTP et de l’immobilier). Les premières parutions sont arrivées après deux mois. Ce que ses commerciaux ont constaté ensuite : des prospects qui arrivaient en rendez-vous en ayant déjà lu un article sur l’entreprise. Aucun chiffre précis ici, volontairement : le gain s’est vu dans la qualité des premiers échanges, pas dans un tableau de bord.

Combiner les deux : la séquence qui fonctionne

Combiner n’a de sens que dans un ordre précis :

  1. Obtenir la couverture presse. C’est l’actif de base : une source tierce que les autres relais peuvent citer.
  2. La relayer. Le dirigeant la partage sur LinkedIn avec son commentaire, les salariés la reprennent, un créateur crédible la mentionne ou l’utilise comme preuve dans une vidéo. La couverture presse donne à l’influenceur un argument tiers, qu’un brief ne fournit pas.
  3. Mesurer. C’est là que beaucoup de campagnes perdent le fil.

Sur la mesure, il faut distinguer trois situations. Pour l’earned pur (un journaliste vous cite spontanément), aucun UTM n’est possible : vous suivez le trafic référent natif dans GA4, la hausse du trafic direct, le brand lift et les recherches de marque dans Search Console, sur des fenêtres d’exposition définies avant la campagne. Dans votre CRM, la source d’origine d’un lead se renseigne à partir du domaine référent GA4, pas à partir d’un UTM. Pour les contenus relayés par vous (communiqué sur votre pressroom, tribune, post du dirigeant), un UTM est possible, mais il ne couvre qu’une minorité des visites. Pour les contenus sponsorisés et les liens payés aux créateurs, les UTM sont à 100 % sous votre contrôle.

Une erreur à éviter : demander à un influenceur de faire le travail d’un journaliste. Un créateur qui publie un « avis indépendant » payé trompe son public et expose la marque, sans compter le risque juridique lié à l’obligation de mention. Si vous voulez un avis indépendant, c’est un journaliste qu’il vous faut. Si vous voulez de la démonstration, payez un créateur et assumez le format. Pour structurer la mesure côté presse, notre article sur les KPI de relations presse détaille les indicateurs à suivre.

Comment arbitrer son budget : 3 questions avant de signer

Si vous devez trancher cette semaine, trois questions suffisent à écarter la plupart des mauvais choix.

Quel actif voulez-vous encore voir dans 12 mois ? Si la réponse est « un article qui remonte quand on tape mon nom ou mon secteur », orientez le budget vers la presse. Si c’est « des ventes sur la fenêtre de lancement », l’influence est défendable.

Jusqu’où êtes-vous prêt à céder le contrôle du message ? La presse implique de laisser le journaliste choisir son angle, parfois critique. Si votre direction ne le supporte pas, mieux vaut le savoir avant de lancer un programme de relations presse que de s’en plaindre à la première parution.

De quelle preuve votre cible a-t-elle besoin avant d’acheter ? Un acheteur de crème solaire veut voir le produit sur une peau. Un directeur financier qui choisit un logiciel veut lire qu’un média sérieux en a parlé. La preuve attendue dicte le levier.

Règle d’arbitrage simple pour un budget limité : financez d’abord le levier qui produit la preuve que votre cible exige, puis seulement celui qui la diffuse. Pour approfondir le premier cas, vous pouvez consulter notre page agence de relations presse.

FAQ

Les relations presse sont-elles plus chères que l’influence ?

Ça dépend du périmètre. Une campagne d’influence avec un créateur à forte audience peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un contenu, alors qu’un programme de relations presse se facture en accompagnement mensuel, sans paiement à la parution. À budget égal, la presse produit moins de résultats immédiats mais un actif qui dure plus longtemps. La comparaison honnête se fait sur 12 mois, pas sur 30 jours.

Peut-on faire les deux avec un petit budget ?

Oui, à condition de choisir des formats légers. Un programme de relations presse ciblé sur deux ou trois médias spécialisés, relayé ensuite par le dirigeant sur LinkedIn, coûte moins cher qu’une campagne avec plusieurs créateurs et couvre déjà la séquence presse puis relais. Mieux vaut un levier bien exécuté que deux saupoudrés.

Une marque B2B a-t-elle besoin d’influenceurs ?

Rarement au sens grand public. En B2B, les voix qui comptent sont des experts, des dirigeants et des pairs, et la presse spécialisée pèse davantage sur les décideurs. Un créateur peut servir pour le recrutement ou pour de la pédagogie produit, mais il ne devrait pas absorber l’essentiel du budget.

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