Skip to content
Go to the Press Room
Press relations

Relations presse économie circulaire : 4 preuves anti-greenwashing

En économie circulaire, un communiqué se fait démonter avant d'être relayé. Voici les 4 preuves que les journalistes peuvent vérifier seuls, les médias à viser dans l'ordre et un plan sur 90 jours.

Martin
MartinCo-fondateur de 425PPM
10 min read
Relations presse économie circulaire : 4 preuves anti-greenwashing
Contents

En économie circulaire, un communiqué se fait démonter avant d’être relayé. Le journaliste qui reçoit votre annonce « 100 % recyclable » cherche d’abord ce qui ne tient pas. Pour des relations presse en économie circulaire, le premier sujet est donc la vérifiabilité, la visibilité vient ensuite. Chez 425PPM, on accompagne des acteurs du réemploi et de la batterie, et la même méthode revient : quatre types de preuves qu’un journaliste peut contrôler sans vous appeler. Cet article les détaille, avec les médias à viser dans l’ordre et un plan de mise en place sur 90 jours.

Relations presse et économie circulaire : pourquoi la presse se méfie

Les rédactions économie, industrie et environnement reçoivent chaque semaine de nombreuses annonces qui promettent de « boucler la boucle ». Elles ont appris à les traiter comme des allégations à instruire, pas comme des informations à relayer. Et c’est logique : un papier qui reprend sans vérifier un argument écologique démenti trois mois plus tard coûte cher en crédibilité au journaliste, bien plus qu’à l’entreprise.

Trois formulations déclenchent presque à coup sûr le soupçon :

  • « 100 % recyclable » : recyclable en laboratoire, ou dans une filière qui existe en France à l’échelle industrielle ? Sans réponse, la phrase ne veut rien dire.
  • « Zéro déchet » : sur quel périmètre ? Un atelier, un site, toute la chaîne de valeur jusqu’au fournisseur ?
  • « Impact positif » : par rapport à quelle situation de référence ? Un impact se compare toujours à quelque chose.

Le mécanisme est le même dans les trois cas : un chiffre ou un adjectif sans dénominateur. Le journaliste pose la question que vous n’avez pas posée, et s’il n’a pas la réponse, il passe à autre chose, ou pire, il écrit sur le sujet sans vous.

Le cadre légal durcit ce réflexe. La loi AGEC de 2020 interdit déjà, sur les produits et emballages, des mentions comme « biodégradable » ou « respectueux de l’environnement ». La directive européenne Empowering Consumers (2024/825), dont les règles s’appliquent à partir de septembre 2026, interdit les allégations environnementales génériques sans performance reconnue, ainsi que les allégations d’impact neutre, réduit ou positif fondées sur la compensation carbone. Un point d’honnêteté : on n’est pas juristes, et le périmètre exact dépend de votre produit et de votre message. Faites relire vos formulations par quelqu’un dont c’est le métier avant l’envoi.

Reste la bonne nouvelle : la méfiance de la presse se désarme avec des pièces, pas avec des promesses. Voici les quatre qui fonctionnent.

Preuve

La question du journaliste

La pièce à lui fournir

1. Analyse de cycle de vie

Comparé à quoi, sur quel périmètre ?

Synthèse de l’ACV, avec hypothèses et limites

2. Volumes réemployés

Quelle base de calcul ?

Tonnes ou unités, entrées et sorties

3. Audit tiers

Qui a vérifié, et qui a payé ?

Nom de l’organisme, périmètre contrôlé

4. Donnée terrain

Puis-je le voir moi-même ?

Visite, pilote chiffré, témoignage d’acheteur

Preuve 1 : l’analyse de cycle de vie comme pièce de dossier

Une analyse de cycle de vie (ACV) mesure les impacts d’un produit ou d’un service sur l’ensemble de sa vie, de l’extraction des matières à la fin de vie. Elle suit des normes (ISO 14040 et 14044) et s’appuie en France sur des données de référence comme la Base Empreinte de l’ADEME. C’est la preuve que les journalistes citent le plus volontiers, à une condition : qu’ils puissent reprendre le résultat sans le retraiter.

Concrètement, une donnée ACV citable tient en une phrase qui contient quatre éléments : le chiffre, l’unité fonctionnelle, la situation de référence et le périmètre. Par exemple : « X kg de CO2e évités par unité, par rapport à un équivalent neuf, du berceau à la porte de l’usine ». Si l’un des quatre manque, le journaliste devra vous rappeler, ou il renoncera au chiffre. Si les quatre sont là, vous lui avez fait gagner une heure, et il s’en souviendra.

Il y a un réflexe contre-intuitif qui marche : présenter vous-même les limites de l’étude. Les données secondaires utilisées, les hypothèses sensibles, ce qui est hors périmètre (le transport client, par exemple). Publier ses propres failles est inconfortable. Un journaliste qui les découvre seul conclut que vous les cachiez ; celui à qui vous les montrez juge le reste plus solide. Une revue critique par un tiers indépendant renforce encore le dossier, mais elle coûte du temps (plusieurs semaines) et un budget d’étude, ce qui n’est pas à la portée de toutes les structures.

Preuves 2 et 3 : volumes réellement réemployés et audit tiers

Des tonnes et des unités, avec leur base

Un taux de réemploi de « 90 % » ne dit rien tant qu’on ignore ce qu’il y a au numérateur et au dénominateur. 90 % des produits collectés ? Des produits triés ? Des produits qui ont réellement retrouvé un usage, ou simplement quitté le site ? La presse spécialisée déchets et recyclage connaît ces ambiguïtés par cœur et pose la question dès le premier échange.

La parade consiste à publier la chaîne complète en valeurs absolues : tonnes ou unités entrantes, réemployées, recyclées, éliminées. Les pourcentages viennent après, en annexe, calculés sur une base visible. Un schéma qu’on retrouve chez nos clients du réemploi (le client est anonymisé, chiffres volontairement omis) : un communiqué annonçait un taux de réemploi sans base. Réécrit avec les quatre flux en tonnes et la période couverte, le même message a changé de statut. Le journaliste pouvait refaire le calcul lui-même, et c’est exactement ce qu’il voulait pouvoir faire.

Quel tiers de confiance, et à quel moment

Un audit tiers sert à une chose : dire à un journaliste que quelqu’un d’autre que vous a regardé les registres. Selon votre activité, ce tiers peut être un organisme de certification (AFNOR Certification, Bureau Veritas), un institut technique, une fédération de filière ou un éco-organisme dont les contrôles sont connus de la presse spécialisée.

Deux règles de forme. D’abord, nommez le tiers et le périmètre contrôlé dans le premier paragraphe du dossier, pas en note de bas de page. Ensuite, précisez ce que l’audit ne couvre pas. Un audit sur les flux d’un site ne valide pas les promesses de la marque entière, et la presse fera la différence si vous ne la faites pas.

Une limite à assumer : un tiers payé par l’entreprise n’a pas la même valeur qu’un tiers qui impose son cahier des charges. Les journalistes le savent. Dites qui a commandé l’audit, qui l’a financé, et ce que le tiers était libre de publier.

Preuve 4 : la donnée terrain et le témoignage client

Les trois premières preuves se lisent. La quatrième se voit. Visite de site, pilote chiffré sur quelques mois, retour d’un acheteur industriel qui a changé ses achats : c’est la pièce qui fait passer un dossier technique à un sujet que la presse a envie de raconter.

On ne va pas idéaliser : accueillir un journaliste sur un site d’exploitation mobilise une demi-journée d’une équipe, et le sien aussi. Réservez la visite aux rédactions qui ont déjà vu les trois premières pièces, sinon vous dépensez cette énergie pour des gens qui ne sont pas convaincus. Un pilote chiffré fonctionne souvent mieux qu’une visite. Chez un client de la batterie (anonymisé, chiffres omis), un pilote de six mois sur des modules reconditionnés, présenté avec le nombre de modules traités et de pannes évitées, a tenu en une ligne dans l’article de la presse spécialisée, là où la visite du site n’avait donné lieu à aucune citation.

Le témoignage d’un acheteur industriel vaut plus que le vôtre, à condition qu’il accepte de parler de ses contraintes et pas seulement de sa satisfaction. Un client qui explique pourquoi il a hésité est cru, un client qui répète votre plaquette ne l’est pas.

Enfin, transformez chaque preuve en angle d’actualité adapté à la cible. Pour la presse locale : les emplois créés, les tonnes détournées de l’enfouissement dans le département. Pour la presse spécialisée : le procédé, le ratio, la comparaison avec la filière classique. Un même fait, deux accroches, deux envois distincts.

Quels médias cibler et dans quel ordre

L’ordre compte, parce que les journalistes généralistes vérifient ce que la presse spécialisée a déjà écrit. Notre séquence habituelle :

  1. La presse spécialisée déchets, recyclage et environnement (Actu-Environnement, Déchets Infos, Recyclage Récupération Magazine, Environnement Magazine). Ses journalistes connaissent le mieux les filières, et leurs articles servent de référence aux autres.
  2. La presse régionale, quand un site, un emploi ou un partenaire local donne un ancrage concret.
  3. La presse économique et industrielle (Les Échos, L’Usine Nouvelle), une fois que vous avez un chiffre et un tiers à citer.
  4. Les médias business à impact comme Novethic, qui apprécient les dossiers documentés et fuient les annonces creuses.

Côté calendrier, trois repères reviennent chaque année : la Semaine européenne de réduction des déchets en novembre, les salons de la filière comme Pollutec, et la publication de bilans ou de rapports de filière (ADEME, éco-organismes comme Citeo ou Ecosystem). Caler un envoi sur ces dates donne un prétexte éditorial, à condition que votre donnée soit prête, pas annoncée pour plus tard.

Une preuve solide augmente la probabilité d’être repris sans la garantir : un bon dossier peut tomber la semaine d’un autre sujet.

Mettre en place le dispositif de relations presse sur 90 jours

Jours 1 à 30 : l’audit des preuves

Listez chaque allégation environnementale présente dans vos communiqués, votre site et vos présentations commerciales. Classez-les en trois groupes : prouvée (avec pièce), partiellement prouvée, non prouvée. Les non prouvées sortent du discours tant qu’elles n’ont pas de pièce. Ce tri est l’étape la plus inconfortable, car il retire des phrases que les équipes aimaient bien.

Jours 31 à 60 : le kit presse

Assemblez un dossier unique contenant la synthèse ACV avec ses limites, le tableau des flux en valeurs absolues, l’attestation du tiers avec son périmètre, quelques visuels de site, un porte-parole identifié et une FAQ qui répond d’avance aux objections de greenwashing. L’idée est qu’un journaliste pressé trouve en dix minutes de quoi vérifier votre message sans vous appeler.

Jours 61 à 90 : les premières prises de parole

Commencez petit : trois propositions à la presse spécialisée, une à la presse régionale, une à la presse économique, avec une relance ciblée dix jours après. Mesurez les retombées, mais surtout les questions posées par les journalistes : elles vous disent quelle preuve manque encore.

Un mot sur le choix d’internaliser ou non. Un dircom qui a déjà un carnet d’adresses dans la presse spécialisée et du temps à y consacrer peut piloter seul ce plan. Sans porte-parole identifié, sans relais dans ces rédactions ou sans bande passante pour les relances, mieux vaut se faire accompagner : construire seul un carnet d’adresses dans la presse spécialisée prend en général plusieurs trimestres.

Votre consigne pour cette semaine

Prenez votre dernier communiqué et soulignez chaque chiffre et chaque adjectif écologique. Pour chacun, cherchez la base, le périmètre et la source. Ceux qui n’ont aucune des trois : supprimez-les ou prouvez-les avant le prochain envoi. De la preuve, pas du slogan.

Si vous voulez bâtir ce dispositif avec une agence de relations presse qui connaît les rédactions déchets, industrie et environnement, c’est un service que 425PPM propose aux acteurs de la transition écologique. Parlons de votre prochain communiqué.

Related articles

Learn more