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Les clés de la médiatisation
Relations presse deeptech : les 4 récits qui débloquent la presse tech en 2026
Les clés de la médiatisation

Relations presse deeptech : les 4 récits qui débloquent la presse tech en 2026

La presse tech française résiste à la deeptech parce que la plupart des fondateurs pitchent la technologie avant la thèse marché. Quatre récits changent ça, à condition de les aligner sur le bon stade TRL.
Martin
Martin
Co-fondateur de 425PPM
10 juillet 2026
10 min de lecture
Relations presse deeptech : les 4 récits qui débloquent la presse tech en 2026

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Points clés

Ce qu'il faut retenir
  • La presse tech FR ne refuse pas la deeptech : elle refuse les angles mal calibrés, notamment le récit techno envoyé aux mauvais médias au mauvais stade TRL.
  • Quatre récits distincts (techno, marché, traction, fondateur) s'activent à des stades TRL différents et ciblent des médias différents : L'Usine Nouvelle, Maddyness, ActuIA, Les Échos.
  • Le récit marché (souveraineté, réindustrialisation, décarbonation) est le plus sous-utilisé par les fondateurs deeptech et le plus attendu par les rédactions économiques.
  • Une séquence de 6 mois avant une série A, bien structurée, peut générer 10 à 15 retombées qualifiées sans annonce prématurée ni vulgarisation forcée.
  • L'AVE et le nombre brut de retombées sont des indicateurs trompeurs en deeptech : ce qui compte, c'est la qualité des médias atteints et leur correspondance avec vos cibles industrielles.

La presse tech française couvre la deeptech, à condition que l’angle soit calibré. Or la majorité des fondateurs deeptech arrivent avec le même angle : la technologie. C’est compréhensible, c’est souvent ce qu’ils maîtrisent le mieux. C’est aussi ce qui fait décrocher les rédacteurs en chef de Maddyness ou de L’Usine Nouvelle au bout de trente secondes.

En 2026, la France compte plus de 700 startups deeptech actives financées dans le cadre de France 2030, et Bpifrance a lancé en mars dernier son programme Deeptech Seed pour accompagner les projets aux stades les plus précoces. Le flux de fondateurs en besoin de visibilité est structurel. Le problème : la majorité d’entre eux abordent les relations presse avec les réflexes d’une startup SaaS, sur un terrain qui fonctionne différemment.

Ce que nous avons observé chez 425PPM, sur plusieurs accompagnements deeptech, c’est que le déblocage presse passe systématiquement par le même mécanisme : choisir le bon registre narratif au bon stade TRL. Quatre récits distincts existent, chacun avec ses médias cibles et ses timings précis.

Pourquoi la presse tech FR résiste à la deeptech

La deeptech pose un problème éditorial réel aux rédactions. Un article sur une startup SaaS s’écrit en partant de la douleur client, du taux de croissance, du MRR. La narration est linéaire et familière. Une startup qui développe un procédé de capture enzymatique du CO2 ou un processeur neuromorphique demande un effort de contextualisation que peu de journalistes tech généralistes ont le temps ou la formation pour fournir.

Résultat : les rédactions tech grand public (Tech.co, BFM Business Tech) évitent le sujet sauf si un investisseur connu est au tour de table ou si le fondateur est déjà médiatisé. Les rédactions spécialisées (L’Usine Nouvelle, Industrie & Technologies, ActuIA) couvrent la deeptech, mais avec des critères de sélection précis que la plupart des fondateurs ignorent.

L’erreur la plus fréquente : envoyer un communiqué de presse centré sur la performance technique (« notre algorithme atteint 94 % de précision sur le dataset X ») à un journaliste dont le lectorat est composé de directeurs industriels et de DSI. Le registre est inadapté, l’interlocuteur aussi. Et une fois qu’un journaliste a reçu deux ou trois pitches hors-sol d’une même startup, la relation est compromise pour plusieurs mois.

Les 4 récits qui fonctionnent

Le récit techno : utile tôt, dangereux trop tard

Le récit techno est le seul qui fonctionne aux stades TRL 3 à 5, et uniquement dans la presse scientifique et technique spécialisée. Industrie & Technologies, L’Usine Digitale dans sa rubrique R&D, ActuIA pour tout ce qui touche à l’IA appliquée : ces médias ont un lectorat qui lit les publications académiques et qui veut comprendre le mécanisme, pas seulement le résultat.

Sauf que ce récit a une durée de vie limitée. Dès que la startup passe en TRL 6-7 et commence à chercher des partenaires industriels ou à préparer une levée de fonds, continuer à pitcher la techno devient contre-productif. Les journalistes business ne savent pas quoi faire d’une innovation sans marché adressé. Et les journalistes scientifiques, eux, ont déjà traité le sujet.

Le récit marché : l’angle que les rédactions business attendent

C’est le récit le plus sous-utilisé par les fondateurs deeptech, et le plus attendu par les journalistes des Échos, de Maddyness ou de Frenchweb. L’idée : ancrer la technologie dans une thèse macro que le lecteur reconnaît immédiatement.

Trois thèses portent particulièrement bien en 2026 : la souveraineté industrielle (semi-conducteurs, matériaux critiques, spatial), la réindustrialisation (procédés de fabrication, robotique, impression 3D métal), et la décarbonation industrielle (capture carbone, hydrogène, efficacité énergétique dans le process). Ce ne sont pas des buzzwords. Ce sont des lignes éditoriales actives dans les rédactions économiques françaises, portées par les plans France 2030 et les objectifs de décarbonation 2030.

Un fondateur qui arrive avec « on développe un procédé de dépôt de couches minces pour cellules photovoltaïques » n’intéresse pas Les Échos. Un fondateur qui arrive avec « on réduit de 40 % le coût de fabrication des panneaux solaires français, ce qui change l’équation de la réindustrialisation de la filière » ouvre une conversation.

Le récit traction : le seul qui débloque la presse business à grande audience

L’Usine Nouvelle ne publie pas sur des promesses. Les Échos non plus. Ce qui débloque ces médias, c’est la preuve : un contrat industriel signé, un POC déployé chez un grand groupe, les premiers revenus récurrents, une commande publique.

Le récit traction est le plus efficace en termes de retombées mesurables, parce qu’il donne au journaliste ce dont il a besoin pour convaincre son rédacteur en chef : un fait vérifiable. « Startup X a signé un contrat de 2 M€ avec Airbus pour tester sa technologie de soudage laser sur ligne de production » est un article. « Startup X développe une technologie de soudage laser prometteuse » n’en est pas un.

Ce récit s’active idéalement en TRL 7-8, quand les premiers déploiements pilotes sont documentés. En dessous, il faut être honnête : si la traction n’est pas là, forcer ce récit revient à promettre ce qu’on ne peut pas encore prouver, et les journalistes vérifient.

Le récit fondateur : la personne derrière la techno

C’est souvent le récit le plus négligé, et pourtant l’un des plus efficaces pour construire une présence durable. Les rédactions tech-business aiment les trajectoires : un chercheur CNRS qui quitte son laboratoire après dix ans pour industrialiser sa thèse, une équipe issue de l’INRIA qui a identifié une application industrielle à un algorithme développé pour la recherche fondamentale.

Ce récit fonctionne à tous les stades TRL, mais avec des formats différents. En TRL 3-5, c’est plutôt une interview dans un podcast sectoriel ou un profil dans Maddyness. En TRL 8-9, c’est la tribune dans Les Échos ou le portrait dans Le Figaro Économie. Il construit l’autorité du fondateur indépendamment des annonces produit, ce qui rend les futurs pitches presse beaucoup plus faciles à placer.

Cartographie des médias : qui contacter à quel stade

La question n’est pas « quels médias couvrent la deeptech ? » mais « quels médias couvrent la deeptech à mon stade de développement ? »

TRL 3-5 (preuve de concept, prototype de laboratoire) : ActuIA pour les sujets IA appliquée, L’Usine Digitale rubrique R&D, Industrie & Technologies. Ces médias ont un lectorat technique qui valorise la nouveauté scientifique. Ils acceptent des angles R&D sans traction commerciale, à condition que l’innovation soit réelle et documentée.

TRL 6-7 (prototype industriel, premiers tests en conditions réelles) : Maddyness, Frenchweb, Sifted (édition française pour les sujets levée de fonds). Ces médias couvrent l’écosystème startup et sont sensibles aux récits de transition entre la recherche et le marché. C’est le bon moment pour placer un récit fondateur ou un récit marché.

TRL 8-9 (système qualifié, déploiement commercial) : L’Usine Nouvelle, Les Échos, Le Figaro Économie. Ces médias veulent de la traction, des chiffres, des clients nommés. Un embargo levée de fonds série A bien préparé peut générer 3 à 5 retombées simultanées sur ces titres en une semaine.

Sur les verticales spécialisées, l’approche nominative est indispensable. Les rédactions deeptech sont petites. Chez L’Usine Nouvelle, deux ou trois journalistes couvrent l’ensemble du secteur industriel. Les connaître par leur nom, suivre leurs sujets récents, comprendre leur angle éditorial avant de les contacter : c’est ce qui fait la différence entre un pitch qui atterrit et un communiqué de presse qui finit en spam.

La séquence 6 mois avant une série A deeptech

Une levée de fonds série A ne se prépare pas en deux semaines. La couverture presse qui l’accompagne non plus. Voici la séquence que nous avons rodée chez 425PPM sur plusieurs accompagnements deeptech.

Mois 6 à 4 avant l’annonce : construire le récit fondateur. LinkedIn d’abord (3 à 4 posts par mois sur la thèse marché, les apprentissages terrain, la vision sectorielle), puis des interviews dans des podcasts sectoriels (Deeptech Makers, Le Podcast de l’Innovation). L’objectif n’est pas la visibilité grand public. C’est de créer un corpus de prises de parole cohérentes que les journalistes pourront consulter quand ils recevront le pitch.

Mois 3 à 2 : premières retombées dans la presse spécialisée. Un article dans ActuIA ou Industrie & Technologies sur un résultat technique récent, une participation à un événement sectoriel couverte par L’Usine Digitale. Ces retombées servent de preuve sociale pour les médias business qui vont suivre.

Mois 1 : embargo série A avec 2 à 3 titres business ciblés. L’Usine Nouvelle et Les Échos en priorité, Maddyness si l’angle startup est fort. L’embargo donne aux journalistes le temps de préparer leur article, de vérifier les chiffres, de contacter des sources tierces. Il génère des articles plus complets et mieux placés que les annonces à chaud. Pour un panorama plus détaillé de ces relations presse au service d’une levée de fonds, les mécaniques d’embargo et de séquencement restent les mêmes en deeptech, avec des délais amont plus longs.

Sur un accompagnement récent (startup quantique, série A 2025, confidentiel), cette séquence a produit 11 retombées presse sur 8 semaines, dont 4 dans des médias à audience >500 000 lecteurs mensuels (Les Échos, L’Usine Nouvelle). Le récit traction (premiers contrats avec deux industriels de défense) a été le déclencheur principal pour les Échos et L’Usine Nouvelle.

Mesurer les retombées : au-delà du nombre d’articles

Le nombre brut de retombées est un indicateur trompeur en deeptech. Une mention dans Industrie & Technologies lue par 15 000 directeurs R&D vaut plus commercialement qu’un article dans un média généraliste à 2 millions de visiteurs mensuels, si votre cible est un directeur de production dans l’industrie chimique.

Trois indicateurs sont réellement utiles pour piloter une stratégie de relations presse deeptech :

Les citations dans la presse spécialisée cible. Pas toutes les retombées : celles qui correspondent aux médias lus par vos futurs clients et partenaires industriels. Un article dans L’Usine Nouvelle cité par un directeur industriel lors d’un premier rendez-vous commercial, ça arrive. C’est mesurable via le CRM (champ source du lead, notes de découverte).

Les mentions par des analystes et des institutions. Bpifrance, France Digitale, les pôles de compétitivité : quand ces acteurs relaient ou citent une startup dans leurs publications, c’est un signal de légitimité sectorielle qui pèse dans les conversations avec les investisseurs série A. Ce type de mention se construit sur 6 à 12 mois, pas en une campagne.

Les backlinks depuis des médias autoritaires. Pour le SEO, un backlink depuis L’Usine Nouvelle ou Les Échos a un impact mesurable sur l’autorité de domaine du site de la startup. C’est un bénéfice secondaire des relations presse, mais il est réel et durable.

L’AVE (Advertising Value Equivalent) ne mesure rien d’utile en deeptech. La valeur d’une retombée dans Industrie & Technologies n’est pas ce qu’aurait coûté une publicité dans ce média. Elle est dans la crédibilité que cette retombée transfère à la startup auprès d’un lectorat précis. Pour aller plus loin sur les indicateurs qui remplacent réellement l’AVE, notre méthode de mesure du ROI relations presse détaille la logique d’attribution applicable à ce type de retombées. En earned pur — citations spontanées sans UTM possible — le pivot d’attribution est le referral traffic GA4 natif (domaine source du journaliste), complété par le trafic direct et le brand lift. Les UTM ne s’appliquent qu’aux contenus owned qui circulent (communiqué sur pressroom relayé sans modification) ou aux formats paid (publi-reportage, native ad) où le tracking est intégral.

Prochaine étape : auditer votre récit

Si vous préparez une levée de fonds deeptech en 2026 ou si vous cherchez à construire une présence presse avant une phase de commercialisation, le point de départ est un audit de votre récit actuel : quel registre utilisez-vous, à quel stade vous situez-vous, et quels médias avez-vous déjà approchés ? Chez 425PPM, on fait cet audit en 30 jours, avec trois leviers concrets à activer en priorité. Prenez contact pour démarrer l’audit.

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